Lo'ak

Lo'ak

Deuxième fils des Sully, rebelle par nature, frère-âme du tulkun paria Payakan. Interprété par Britain Dalton.

Lo’ak Sully a grandi dans l’ombre de Neteyam sans jamais le formuler ainsi, parce que formuler les choses, c’était les rendre réelles, et Lo’ak préférait agir plutôt que nommer. L’ombre n’était pas hostile — il aimait profondément son aîné — mais elle était présente, structurante, et parfois étouffante dans la manière qu’ont les frères aînés parfaits d’être des mètre-étalons ambulants contre lesquels on se mesure sans le vouloir. Lo’ak ne voulait pas être Neteyam. Il ne savait pas encore tout à fait ce qu’il voulait être, et c’est précisément là que commençait son histoire.

Le fils qui teste

Il avait hérité quelque chose de Jake Sully que Neteyam n’avait pas pris : l’instinct de pousser les limites pour voir si elles existent vraiment. Jake avait fait cela en arrivant sur Pandora — tester les règles des Omatikaya, défier les protocoles de la RDA, voir jusqu’où la résistance était réelle ou conventionnelle. Lo’ak faisait pareil, mais dans la canopée de son enfance, dans les récifs Metkayina, dans chaque situation où la règle semblait arbitraire ou insuffisamment justifiée.

Ce n’était pas de la délinquance. C’était de la philosophie appliquée au corps d’un adolescent. Le problème, c’est que les conséquences de ses expériences atterrissaient souvent sur Neteyam, qui couvrait, ou sur son père, qui n’avait pas toujours la patience de distinguer la curiosité de l’insubordination. Jake et Lo’ak se ressemblaient trop pour que leur relation soit simple — ils se reconnaissaient mutuellement avec l’irritation qu’on réserve au miroir qui montre un angle qu’on n’aimait pas voir.

L’exil chez les Metkayina aggrava momentanément les choses. Lo’ak était là, étranger parmi les étrangers, pas encore capable de nager aussi naturellement que les enfants des récifs, sujet aux provocations d’Aonung et de son cercle. Il réagit comme il réagissait toujours — en cherchant la limite réelle plutôt que d’accepter la hiérarchie donnée, ce qui lui valut plus d’une altercation dont il ne sortait pas victorieux sur le moment mais qui finissaient par déplacer quelque chose.

Payakan, le miroir dans l’océan

Ce qui transforma l’arc de Lo’ak dans The Way of Water ne fut pas un combat ou une leçon de nage. Ce fut une rencontre. Payakan — le tulkun mâle, énorme, solitaire, banni par sa communauté pour avoir tué — nageait dans les eaux autour de l’archipel comme une présence interdite. Les Metkayina en parlaient avec une combinaison de peur et de honte, la honte qu’on réserve à quelqu’un qui a violé un code sacré et que l’on ne peut pas tout à fait s’empêcher de plaindre.

Lo’ak s’approcha là où les autres reculaient. Pas par bravade — par reconnaissance. Ce qu’il voyait en Payakan n’était pas un monstre mais un être marqué par une décision qu’il avait prise dans des circonstances que personne ne prenait la peine d’examiner. Payakan avait tué pour défendre les siens contre des chasseurs qui menaçaient sa mère. Les tulkuns ont un code de non-violence absolu — mais ce code avait été utilisé contre lui par ceux qui l’avaient provoqué, et sa communauté avait appliqué la règle sans instruction.

Deux outsiders qui se reconnaissent, dans un océan qui n’avait pas prévu de les mettre ensemble. Le lien qui se forma — tsaheylu ou quelque chose d’équivalent dans la physiologie tulkun — était l’arc le plus vrai du film, précisément parce qu’il n’avait pas été planifié ni autorisé par personne.

Le deuil comme point de bascule

La mort de Neteyam, à la fin d’Avatar : La Voie de l’Eau, laissa Lo’ak dans un état que la trilogie ne prétend pas avoir résolu en deux heures de film. Son frère est mort en venant le sauver. Cette équation — Lo’ak s’est mis en danger, Neteyam est venu, Neteyam n’est pas remonté — n’est pas une équation que la culpabilité peut solder. Elle peut seulement être portée.

Avatar : Fire and Ash commence avec un Lo’ak qui porte ce poids, qui a Payakan comme seul lien non humain à une forme de compréhension, et qui doit trouver comment être le fils de son père sans être le frère qu’il n’est plus. C’est peut-être la trajectoire la plus humaine de la trilogie — pas le héros prédestiné, pas l’enfant prodige, mais celui qui doit vivre avec les conséquences de ce qu’il était avant d’avoir eu le temps de grandir.

Source : Pandorapedia + Avatar Wiki Fandom